Portrait d’un artiste à la sensibilité exacerbée, course folle à travers le New York des années 80, le film de Tamra Davis « Jean-Michel Basquiat – The radiant child » est le produit d’une amitié et d’un intérêt sincère pour le peintre et sa carrière, pour ce jeune homme « incandescent », qu’on peut soudain voir et entendre au fil d’une série d’entretiens filmés dans une intimité complice, qui émaillent ce documentaire émouvant.
Les contributions de ses contemporains sont souvent tendres, admiratives, parfois drôles : son amie Suzanne Mallouk, son vieux complice Al Diaz, Fab 5 Freddy, ses galeristes, ses pairs, comme Schnabel qui se souvient du rêve de Basquiat d’être un boxeur indomptable qui met ses adversaires KO. Extraordinairement prolifique par son millier de toiles et deux fois plus de dessins, Basquiat se livrait peu, et la sobriété, la brièveté de ses déclarations, sert le propos de Tamra Davis : montrer combien Basquiat, par timidité ou méfiance des raccourcis du discours, était doté d’une énergie rayonnante, dévorante pour lui-même, dans un équilibre instable entre le doute, et la certitude de sa capacité à formuler : il faut le voir peindre ces mots innombrables, qu’il recouvrait pour mieux les réécrire.
Bruno Charenton
Jean Michel Basquiat – The radiant child, documentaire de de Tamra Davis Pretty pictures Sortie le 13 octobre 2010
Rétrospective au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris jusqu'au 30 janvier 2011